Mes débuts en viticulture biologique

« C’est le moment d’essayer » – L’Hebdo du Vendredi – publié le mardi 21 février

« C’est le moment d’essayer »

Les viticulteurs étaient nombreux vendredi dernier à la salle des fêtes de Vincelles aux “Vignes Bio Ouvertes”, la troisième édition d’une opération menée par la Chambre d’Agriculture de la Marne, la Fédération Régionale des Agriculteurs Bio et Agrobio en Champagne.
  • Les premières bouteilles seront commercialisées en 2016, 2017.

    Les premières bouteilles seront commercialisées en 2016, 2017.
Même si la viticulture biologique en Champagne ne représente que 1% de l’AOC, ce mode de production attire de plus en plus de producteurs. On recense une centaine de domaines certifiés bio ou en conversion dans la région. Ce rendez-vous était l’occasion pour les agriculteurs intéressés par cette filière de profiter de l’expérience de Jérôme Blin, vigneron à Vincelles, qui s’est lancé dans la production de raisins bio fin 2009. Il explique : « Lorsque j’ai informé la coopérative de ma conversion, j’ai recensé d’autres personnes également intéressées par la viticulture biologique. Je n’ai pas eu besoin de trop argumenter car ces personnes étaient déjà motivées. Au total, nous sommes quatre à avoir converti nos Chardonnay. La coopérative pourra ainsi lancer une cuvée issue de raisins certifiés. » Les premières bouteilles seront commercialisées en 2016, 2017.
La grande distribution française et européenne représente le gros du marché. On sent l’homme serein et confiant. « La démarche doit avant tout être personnelle et non pas commerciale. J’ai fait ce choix parce que je souhaite minimiser l’impact de mon activité sur l’environnement, les nappes phréatiques mais aussi sur la santé », précise le vigneron. De fait, Jérôme Blin pratiquait depuis une dizaine d’années une viticulture hautement raisonnée dont le passage à des techniques biologiques était la continuité. Il se félicite de l’évolution des pratiques et des mentalités dans le milieu : « Aujourd’hui nous ne sommes plus perçus comme des extrémistes ou des marginaux comme c’était le cas il y a vingt ans. » Et il conclut dans un large sourire à l’adresse de ses pairs : « C’est le moment d’essayer ! » On comprend son enthousiasme : le raisin certifié bio est vendu 25 à 30% plus cher que le raisin conventionnel. Grandes coopératives et maisons montrent d’ailleurs un intérêt croissant pour le champagne bio, un vin qui présente souvent « plus de personnalité » peut-être parce qu’il résulte « d’une autre conscience professionnelle ».

Marie-Élise Poittevin

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